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| Christian Schiaretti |
« Et puis les effets, qu’est-ce que c’est ? Si vous les trouvez par exemple dans Aïda, je vous jure que pour tout l’or du monde,
je n’aurai pu écrire sur un sujet pareil, car j’ai besoin d’êtres humains et non de mannequins. Je me mettrais volontiers à la composition de tout opéra dans lequel des êtres semblables à moi éprouvent des sentiments que j’ai moi-même éprouvés et que je comprends. »
P.I. Tchaïkovski
(Lettre à son élève Serge Taneïv,
8 janvier 1878) |
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« Car j’ai besoin d’êtres humains et non de mannequins »
Drame des amours contrariées, Eugéne Onéguine, révèle à qui sait en lire les trames secrètes beaucoup plus que le drame ordinaire des passions aristocratiques corsetées par l’honneur. Le duel d’Onéguine et de Lensky, le double du héros et l’objet de son inavouable passion, est tout entier construit sur la souffrance que Tchaïkovski éprouva lui-même, tout au long de sa vie, à ne pouvoir assumer publiquement son homosexualité. Souffrance aussi, celle de Tatiana, la pure jeune fille exaltée aux genoux de laquelle, mais si tard, Onéguine finira par tomber… Dans cet opéra, qui est sans doute le plus romantique du compositeur des célèbres ballets (Casse-noisette, Le Lac des cygnes, La Belle au Bois dormant), Tchaïkovski approche au plus près de l’humain, prend ses distances avec la théâtralité parfois tapageuse de l’opéra vériste italien. Christian Schiaretti, le nouveau directeur du TNP de Villeurbanne, entend souligner la dimension tchékhovienne d’Onéguine : « Voici le récit d’échecs successifs apparemment lissés dans des vies dont l’ambition romanesque n’est que fantasmée », mais également révéler la violence implacable d’un destin habité de forces obscures « qui regarde en direction du Roméo et Juliette de Shakespeare ou du Pelleas et Mélisande de Maeterlinck ». |
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La presse...
« La limpidité émouvante d’Irina Sandulescu Balan (Tatiana), la force maitrisée de Christopher Steele (Lensky) et le dandysme fragile d’Ivan Geissler (Onéguine), trois êtres engagés dans un drame romantique comme l’opéra populaire russe en raffole, pris en tenaille entre les exaltations du cœur et les rappels à l’ordre de la raison. »
Rémi Morvan, Ouest France.
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