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« Il faut lire Tchekhov comme cuisinent les Arabes, en puisant à pleines mains dans le pot de sel, les doigts blessés.»
Yves Beaunesne |
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La violente beauté du Déjà trop tard
Une grande maison provinciale, loin de Moscou. Le travail y est dur. On se lève tôt. Les journées s’écoulent, régulières. De loin en loin, des nouvelles glorieuses du grand homme de la famille, Sérébriakov, et ses écrits que l’on admire rétribuent le sacrifice consenti. Mais voilà que le manque d’argent contraint le professeur à s’installer là, à la campagne, avec sa jeune et belle épouse. L’idole si longtemps révérée s’incarne alors, sous les traits d’un vieillard égoïste et valétudinaire. Et le temps se fracture. La trame du quotidien se déchire, découvrant à chacun l’insignifiance du chemin parcouru. Peut-être est-il encore temps d’agir, d’infléchir le cours de sa vie, de laisser une trace de soi. Ou bien plus simplement, peut-être y a-t-il encore une place pour le désir ?
Le très littéraire Yves Beaunesne, déjà familier de Tourguéniev, Musset, Gombrowicz, Marivaux, ou Maeterlinck, nous accordera la primeur de cet Oncle Vania, concentré sur ce moment d’irruption, sur « l’incandescence de cet instant lumineux qui rachète tous les retards et toutes les erreurs », sur ces « vertiges auxquels il manque une poignée de secondes. » |
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