Dvorák est enfant de Bohème...
Moins connue que la 9e symphonie, dite «du nouveau monde» inspirée par son séjour américain à la tête du conservatoire de New-York, que son Stabat mater ou son Requiem, la 8e symphonie d'Antonin Dvorák est cependant très représentative du style du compositeur et compte parmi ses plus belles pages. Fortement marquée par le romantisme brahmsien – un proche ami de Dvorák – mais également riche des couleurs d'un folklore auquel, où qu'il fut dans le monde, Dvorák a toujours été très sensible, cette œuvre devrait trouver, sous la baguette de Kurt Masur, une direction inspirée. Le nouveau directeur musical du National est pour le moins spécialiste de ce répertoire, lui dont la discographie symphonique peut s'enorgueillir des intégrales Beethoven, Brahms, Bruckner, Mendelssohn, Schumann et Tchaïkovski...
Au programme également, le poème symphonique L'Apprenti sorcier de Paul Dukas (1865-1935), composé sur la ballade Der Zauberlehrling de Goethe. Un chef-d'œuvre de rythme et d'orchestration immortalisé à l'écran par le non moins célèbre Fantasia de Disney.
L'Orchestre national de France, qui peut légitimement être considéré comme le premier orchestre symphonique composé de musiciens permanents, apportera la richesse de palette et la virtuosité qu'il s'est acquises en travaillant avec des chefs aussi prestigieux que Sergiu Celibidache, Lorin Maazel, Charles Dutoit, Bernard Haitink (superbe Pelléas et Mélisande au théâtre des Champs-Elysées) ou Jeffrey Tate (qu'on se souvienne de la Tétralogie au Châtelet !). |