je 4, ve 5, sa 6 nov.  
19h30 20h30 20h30  
Petit Théâtre Tarif A
 

Gracieuse ø
Olivia Granville
artiste associé au Théâtre

 « La chute est un vol inversé »  
« Grâce et disgrâce sont indéfectiblement liées comme l’incarne le « GRACIOSO », polichinelle de la Comedia dell’arte : une bosse devant, une derrière. C’est dans la maladresse, la faille, le ridicule d’un corps que réside souvent le sursaut de la grâce. Elle appartient autant à l’envol qu’à la chute, la chute est un vol inversé.
Aurait-elle quelque-chose à voir avec un certain état d’idiotie, une idiotie que nous aurions perdue ? » Olivia Grandville

Gracieuse, la dernière création d’Olivia Grandville n’a pas toujours porté ce titre. Pour qui en con-naît les limbes, elle avait tout d’abord envisagé de l’intituler « mais le Paradis est verrouillé et le chérubin à nos trousses… » Enigmatique, certes… mais que l’on complète la phrase empruntée au Théâtre de Marionnettes de H. V. Kleist « Il nous faudrait donc faire le tour du monde pour voir s’il n’est peut-être pas rouvert par derrière » et la lanterne commence à répandre sa lumière.
Ce paradis dont on nous a chassés et auquel nous aimerions à nouveau accoster, cette grâce qui nous était faite et qu’on nous refuse aujourd’hui, il est peut-être possible – Kleist aussi doute, c’est l’une des conditions de la foi – de les retrouver autrement. La danse a de ces clefs et les pieds qui ont porté l’errance de l’exil sont les mêmes que ceux qui nous arrachent à la pesanteur de la terre. « Don, pardon et foi. Il y a de l’ascension dans le gracieux, parfois jusqu’au vertige ».
Qu’on ne se trompe pas, c’est par la porte étroite qu’Olivia Grandville entend passer, et si grâce il y a, c’est dans les traces « idiotes », dans les maladresses et les trébuchements qu’il faudra la chercher. Parce que le lac des cygnes est aussi celui des vilains petits canards qui s’ignorent.
Dans les miroirs lumineux des images projetées, trois solos de femmes se réfléchissent sans se croiser. Plus loin, une comédienne mâche ses mots, les fragmente, les malaxe, les disloque, les fait craquer, martèle, bafouille… Et c’est alerte comme un numéro de claquettes.

Conception Olivia Grandville Collaboration artistique lumière-vidéo Sylvie Garot Dramaturgie Jean-Charles Di Zazzo Scénographie Alexandre Chinon Musique J.S Bach, C. Porter/Fred Astaire, John Cage Son Eric Kramer Costumes Corinne Petitpierre Interprètes Clara Cornil, Camille Grandville, Olivia Grandville

Coproduction Compagnie La Spirale de Caroline, Espace des Arts - Ville de Châlon-sur-Saône Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines/Scène nationale.
Avec le soutien de la DRAC Ile-de-France.
Ce spectacle a été créé à l’Espace des Arts de Châlon-sur-Saône.
Remerciements à l’Opéra Municipal de Marseille, au Centre Gérard Philipe
de Champigny-sur-Marne et à la compagnie DCA-La Chaufferie.



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