Quatre-vingt-quatorze ans, presque un siècle. C’est aussi l’âge d’Isabella Morandi, devenue aveugle qui, dans la solitude d’une chambre parisienne, revient sur le secret de sa naissance. Entourée d’objets archéologiques venus de la nuit des temps, Isabella rêve d’une Afrique où elle pourra percer le mystère de son père, «le prince du désert». A la fois histoire du siècle (les deux guerres mondiales, le colonialisme et la récente montée du nationalisme sont évoquées) et itinéraire personnel et singulier, La chambre d’Isabella déroule devant nous les souvenirs d’une vie fantasque et mouvementée.
Un petit bijou
Sur le plateau qui représente l’espace intime de la mémoire d’Isabella, phénoménale Viviane de Muynck, défilent tous les êtres qui ont peuplé son existence : les parents adoptifs Arthur et Anna ainsi que les amants, multiples. Ecrit par Jan Lauwers à la mort de son propre père, La Chambre d’Isabella est un petit bijou qui oscille entre réalité et fiction, humour et gravité, danse et jeu, musique et désillusion. Durant ces deux heures, on dévore tout : les monologues, les diva-gations, les chansons aussi, légères et ennivrantes. Un spectacle où l’on sent comme rarement le souffle de la vie. Un pur moment de bonheur partagé. |