«Renonçant sans doute à
mettre en scène les danseurs,
à en faire l’outil de son discours, Frédéric Flamand libère leur expression.» Libération |
La nouvelle création de Frédéric Flamand s’intègre à son travail et à sa réflexion autour de l’archi-tecture et de la ville. Après Metapolis et Silent collisions, Frédéric Flamand rend cette fois hom-mage au travail de Le Corbusier. Un clin d’œil, aussi, à Marseille, où la «maison du fada» a long-temps suscité crainte, suspi-cion et étonnement.
Langage et modernité
«Mon arrivée à Marseille marque aussi une nouvelle étape, une autre lumière. Cela me pousse à une réflexion sur la mémoire, notamment la mémoire de la modernité, dont la Cité radieuse est un symbole», explique le chorégraphe. «Alors qu’aujourd’hui, nous sommes dans la surmoder-nité. Les villes nouvelles, les shopping centers, les aéroports, tous ces lieux de transit deviennent les vrais lieux de vie et les centres historiques ne sont plus que touristiques. Tout cela influence notre corps et notre comportement. Il y a aussi une nouvelle forme de sociabilité, de résistance, de rébellion à instaurer. Le corps rebelle s’adapte à sa manière.» Et dans cet espace en construction, ce corps cherche sa place, aidé par le chorégraphe, qui lui offre un nouveau langage scènique.
C’est Dominique Perrault qui signe la scénographie de ce nouveau spectacle, élaboré notamment lors d’un laboratoire Danse et architecture mené à Parme. «C’est le processus que nous privilégions avant le but, qui est la présentation de la création à Marseille. Cela relance l’utopie au cœur même du processus de création.»
La pièce se construit donc autour des apparitions, disparitions des danseurs. La transparence se fait avec des jeux de lumières qui habillent et transpercent un maillage de fer, qui devient alors un filtre. «Tout cela, c’est aussi une interrogation sur les frontières,» explique Frédéric Flamand, qui en trace là une nouvelle.
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