On n’est pas si tranquille est un clin d’œil au chef-d’œuvre de la littérature portugaise qu’est Le Livre de l’intranquillité de Pessoa, journal intime que l’auteur a tenu pendant presque toute sa vie en l’attribuant à un modeste employé de bureau de Lisbonne, Bernardo Soarès.
Incapable d’action sur les choses et d’échange avec les êtres, s’analysant avec passion, cultivant le pouvoir de son imagination, Soarès se construit un univers personnel vertigineu-sement irréel et pourtant plus vrai en un sens que la réalité.
Esthétique de l’abdication
Aujourd’hui c’est un jeune metteur en scène, Philippe Ulysse, qui s’empare de ce récit du désenchantement du monde pour en faire «une esthétique de l’abdication». Pour cela, il a imaginé des personnages hauts en couleurs : Louis Piquemal ancien coureur cycliste cyclo-thymique ; Mademoiselle, personne énigmatique ; Paranoïco Pérez, écrivain sans œuvre, très sensible ; Quasiwatt un homme à l’esprit terre-à-terre qui malgré un physique ingrat possède une qualité de mouvement exceptionnelle ; Clément Cadou qui partage avec Paranoïco un destin d’écrivain sans œuvre et qui devient peintre et enfin Philippe Chandos chanteur, magnifique dandy promis à un beau succès, ne chantant plus qu’en play-back.
Une galerie de portraits croustillants pour bâtir joyeusement une métaphysique du XXIe siècle. |
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