C’est une rencontre étonnante autour de chants, de musique et de voix que celle qui donne naissance à ce spectacle musical inou-bliable. D’un côté, Faiz Ali Faiz et son ensemble qawwali. De l’autre, le flamenco, avec les voix de Duquende et Encarna Anillo. D’un côté, le soufisme de l’Inde et du Pakistan. De l’autre, l’univers des gitans.
Pourtant, c’est ensemble, avec leur musique, que ces hommes porteurs d’une culture différente, que l’on dit même opposée, s’in-terrogent sur la condition humaine, sur la place du créateur en ce monde.
Et si la rencontre se fait sur le fond, les expressions vocales des deux groupes ont aussi en commun une scansion, un rythme. La parole est portée par le chant ; le texte, pour tous, est primordial.
Reconnaissance
Il serait réducteur de penser que l’on assiste là à la réunion de deux univers que tout oppose. Ce spectacle, bouleversant d’émo-tion, est le lieu d’une reconnaissance de l’autre, dans ce qu’il est, avec ses points communs mais aussi ses différences. Les deux ensembles jouent d’abord l’un après l’autre avant de mêler leur souffle, leurs rêves, sous la direction artistique de Martina A. Catella, ethnomusicologue. Unis dans cette création, ils se rejoi-gnent peut-être autour de leur point de départ historique : en effet, soufistes et tziganes sont tous deux originaires du Rajastan. La force du spectacle réside aussi bien dans les symboles dont il est porteur que dans son interprétation musicale.