Adam et Eve, jeunes mariés insouciants, sont témoins d’un bombardement chimique qui détruit tout. Ils sont six rescapés, sauvés par l’invention d’un savant. Une nouvelle vie commence alors, loin de la ville anéantie, dans un campement improvisé à la lisière d’une forêt.
Commandée en 1930 par le Théâtre Rouge de Leningrad, la pièce est immédiatement interdite. «C’est un récit de science-fiction, une fable rapide et libre qui débute comme une histoire des Pieds Nickelés et s’achève dans le climat de Stalker de Tarkovski.» expliquent D. Jeanneteau et
M. C. Soma. «L’unité traditionnelle est foncièrement troublée par ce qui, au cœur même de la vie de Boulgakov, restera comme la singularité du siècle : une immense mutation, sans précédent dans l’histoire du monde, bouleverse les moyens dont disposaient les humains pour penser leur vie.»
Force de l’imagination
C’est la quatrième mise en scène de Daniel Jeanneteau, scénographe dont on a pu apprécier les qualités notamment lors de son compagnonnage avec Claude Régy de 1989 à 2003. Il trouve dans cette pièce «l’expression de la supériorité absolue de l’imagination sur la pensée planifiée.» Il s’agit alors de «rendre le caractère rapide et fabuleux de l’univers de Boulgakov.» Le travail des comédiens «sera basé sur la métamorphose progressive du sens de la pièce, sens corrigé, réactualisé au fur et à mesure des événements.»
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