jeudi 5 janvier 19h30
vendredi 6 janvier 20h30
samedi 7 janvier 20h30
dimanche 8 janvier 16h
grand théâtre - tarif B - durée 2h30 avec entracte

l’opéra de quat’sous
BERTOLT BRECHT / KURT WEILL
LAURENT FRéCHURET / samuel jean
  

Ecouter "La complainte de Mackie"

 

L’Opéra de Quat’sous (1928) emprunte son sujet à L’Opéra des Gueux (1728) de John Gay. Attaque au vitriol d’une société productrice d’injustice, le livret de Bertolt Brecht est indissociable de la musique de Kurt Weill, mêlant jazz, chant choral et chansons populaires. Le metteur en scène Laurent Fréchuret réactive la polyphonie de ce petit chef- d’œuvre à l’aune de notre société.

Mackie-le-Surineur, petit-bourgeois du crime aux grands airs est le rival de Jonathan Peachum, grand-bourgeois de la truanderie. L’un vit du vol artisanal, l’autre de la charité industrielle. Mais tous deux grapillent les miettes du grand banquet bourgeois…
Sur scène, trois moments historiques se superposent : Londres 1728, capitale du capitalisme où la faillite du banquier Law a jeté le discrédit sur le papier-monnaie ; Berlin 1928, où les tranchées de la première guerre mondiale ont anéanti les espérances de l’humanisme européen ; France 2011, où la crise a fragilisé les plus démunis tandis que certains s’enrichissent par le profit, sans foi ni loi !

 

A travers L’Opéra de Quat’sous, Bertolt Brecht, fondamentalement anti-bourgeois, critique la société prise en étau entre la destruction des références et la fureur des appétits, entre les valeurs éthiques et financières. Son engagement aboutit en 1929 à la théorie du théâtre épique reposant sur la distanciation entre le sujet et sa réception, dans le but de susciter la réflexion critique du spectateur. Brecht exprime d’autant plus fortement sa vision politique dans le rapport entre l’individu et la société capitaliste, que l’Allemagne d’alors vit sous la pression croissante du national-socialisme. Comme Kurt Weill, il est contraint à l’exil en 1933 et rejoint les Etats-Unis.

D’origine juive, le compositeur Kurt Weill (1900-1950) rencontre Bertolt Brecht en 1927 avec lequel il a signé deux œuvres de théâtre musical : L’Opéra de Quat’sous en 1928 et Grandeur et décadence de la ville de Mahagony en 1930. Cette collaboration a influencé sa façon d’écrire l’opéra, à mi-chemin entre le théâtre et la musique. En 1933, Kurt Weill est contraint à l’exil, son art étant considéré par les nazis comme dégénéré et rejoint les Etats-Unis.

Le metteur en scène Laurent Fréchuret est directeur du Théâtre de Sartrouville et des Yvelines-CDN depuis 2004. En 1994, il fonde sa compagnie, le Théâtre de l’Incendie dont le projet sert «le poème et les voix humaines ». Il a réalisé de nombreuses mises en scène parmi lesquelles Le Roi Lear de William Shakespeare en 2007, La Voix humaine de Francis Poulenc, Le Château de Barbe-Bleue de Béla Bartok et Le Diptyque du rat - Une trop bruyante solitude de Bohumil Hrabal et La
Pyramide
de Copi en 2010, A portée de crachat de Taher Najib et Le Drap d’Yves Ravey en 2011.

Au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, il a mis en scène Médée d’Euripide en 2010.

texte Bertolt Brecht / musique Kurt Weill / texte français de Jean-Claude Hémery, basé sur la traduction par Elisabeth Hauptmann de L’Opéra des gueux de John Gay / direction musicale Samuel Jean / assistant à la direction musicale Frédéric Rouillon / mise en scène Laurent Fréchuret / assistant à la mise en scène Edouard Signolet / dramaturgie Gérald Garutti / scénographie Stéphanie Mathieu / assistant à la scénographie Bertrand Nodet / lumières Eric Rossi / costumes Claire Risterucci / assistante aux costumes Angela Seraline / maquillage,
perruques, masques Françoise Chaumayrac / son François Chabrier / direction de la production Slimane Mouhoub
avec les comédiens chanteurs Philippe Baronnet (Fich, Jacob-les-Doigts-crochus), Elya Birman (Robert-la-Scie), Eric Borgen (Smith, Révérend Kimball), Eléonore Briganti (Celia Peachum), Kate Combault (Jenny-des-Lupanars), Xavier-Valéry Gauthier (Matthias-Fausse-Monnaie), Thierry Gibault (Macheath, dit Mackie-le-Surineur), Harry Holtzman (Tiger Brown), Laëtitia Ithurbide (Polly Peachum),
Sarah Laulan
(Lucy), Nine de Montal (Vixen, Walter-Saule-pleureur), Jorge Rodriguez (Jimmy-l'Argentin, l'Annoncier), Vincent Schmitt (Jonathan J. Peachum).
et les musiciens Matthieu Adam (Trombone), Pierre Cussac (Accordéon, bandonéon), Denis Desbrières (Percussions), Florent Guépin (Guitare, banjo), Samuel Jean*(Piano), Mathieu Martin (Contrebasse), Jocelyn Mathevet (Trompette), Mathieu Reinert (Trompette), Frédéric Rouillon*(piano), Cédric Le Ru (Saxophone soprano et ténor, arrangements "La Complainte de Machie"), Davy Sladek (saxophone alto, ténor et baryton, clarinette, flûte traversière).
* en alternance

production Théâtre de Sartrouville et des Yvelines–CDN / coproduction Opéra Théâtre de Saint-Étienne, Nouveau Théâtre-CDN de Besançon et de Franche-Comté / avec le soutien de la Spedidam / Résidence d’aide à la création à La brèche, Pôle national des arts du cirque, Cherbourg-Octeville / Musique aux Editions Durand Salabert Eschig.


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