du Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines
proposée et animée par antoine Gindt

# 1 - mardi 29 novembre 19h
# 2 - lundi 5 décembre 19h
# 3 - mardi 31 janvier 19h
# 4 - mardi 20 mars 19h
# 5 - mardi 10 avril 19h

Quel est l’objectif d’une université populaire ? La transmission de savoirs, théoriques et/ou pratiques, pour tous. Le Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, en partenariat avec T&M-Paris, propose tout au long de la saison 2011-2012 cinq rendez-vous pour aborder différents thèmes en résonance avec sa saison.

« J’ai choisi de suivre l’axe musical de la programmation du Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines pour aborder différents sujets, dans le cadre de cette université populaire : chacun a sa richesse, qui dépasse largement les questions esthétiques pour traiter plus largement de l’histoire, des idées, des mouvements artistiques, des artistes eux-mêmes… Il me semble important que ces rendez-vous soient centrés autour de thèmes précis qui permettront tout autant de s’instruire que de débattre.
Ces rendez-vous, je les souhaite ouverts à tous, dans une ambiance à la fois attentive et détendue. Ils seront illustrés et enrichis d’échanges. Chaque thème permettra de jeter les ponts avec d’autres disciplines du spectacle
vivant : le théâtre bien sûr et les questions de représentation et de mise en scène, la danse et le mouvement, les expressions populaires et leur inscription dans la culture d’aujourd’hui. Mais surtout ils permettront l’échange et le partage, deux choses indispensables à la bonne pratique de nos arts. » [Antoine Gindt]

L’Université populaire du Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines accueillera cinq personnalités pour aborder les différents sujets. Chaque rendez-vous associera par ailleurs un des artistes de la saison et sera suivie d’un débat.

#1 - mardi 29 novembre 19h - avec Eric De Visscher, musicologue.
Invité : Alban Richard, chorégraphe de Pléïades, un concert de musique et de danse.
Iannis Xenakis / John Cage, deux figures libres de la musique du XXe siècle

Chacun à leur manière, Iannis Xenakis (1922- 2001) et John Cage (1912-1992) ont été des compositeurs affichant leur liberté non seulement par rapport au dogme classique, mais aussi au regard de leurs confrères.
Architecte de formation, Xenakis a très vite stigmatisé la vaine précision des compositeurs post-sériels comme Nono et Stockhausen, leur adjoignant de faire appel aux théories mathématiques pour mieux maîtriser la complexité du matériau ou gérer les masses sonores d’une façon statistique. De même, Cage, en vrai penseur anarchiste, ne craint pas de se brouiller avec Boulez, pour défendre un hasard total, où le compositeur « laisse être les sons » et pense le silence comme l’ensemble des sons qui l’environnent.
Les deux compositeurs partagent d’autres points communs : une pensée musicale à caractère fortement visuel, un même attrait pour la technologie et les nouveaux moyens de production, une certaine théâtralité dans la musique. Ce qui fait que tous deux trouvent souvent plus d’adeptes auprès de public non-musiciens qu’auprès de leurs pairs.


Eric de Visscher (1961) est musicologue. Il dirige le Musée de la musique (Cité de la musique, Paris) depuis 2006, après avoir été directeur artistique du festival Ars Musica (Bruxelles) et de l’Ircam (Centre Pompidou, Paris). Il publie régulièrement, notamment sur les relations entre musique et arts plastiques.


#2 - lundi 5 décembre 19h - avec Alain Badiou, écrivain et philosophe
Wagner, notre contemporain

Il existe une interprétation très répandue de Wagner selon laquelle son œuvre, dominée par les références nationalistes du romantisme tardif, serait un mélange de séduction décadente et de politique réactionnaire. Alain Badiou entend bien plutôt montrer que la révolution introduite par Wagner dans la conception du théâtre lyrique conserve la valeur émancipatrice affirmée par le jeune Wagner sur les barricades de Dresde. Pour cette démonstration il importe de se tenir au plus près de la dialectique très complexe entre signification explicite du texte et organisation du flux musical.

Alain Badiou est sans conteste le philosophe contemporain français le plus renommé dans le monde. Traduite dans de nombreuses langues, son œuvre est l'objet d'ouvrages, de commentaires et de réflexions multiples. Cette œuvre, très riche, est composée d'essais philosophiques majeurs, mais aussi de romans, de pièces de théâtre, d'écrits politiques analysant la situation présente. Il est notamment l’auteur de Cinq Leçons sur le Cas Wagner, (Nous, 2010).

#3 - mardi 31 janvier 19h
avec Michel Noiray - Invité David Stern, chef d'orchestre et directeur artistique d'Opera Fuoco.
Wolfgang Amadeus Mozart / Jean-Chrétien Bach, l’opéra au XVIIIe siècle

Le Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines présente deux opéras du XVIIIe siècle que tout, à première vue, semble opposer. Zanaïda est dans le genre noble, en langue italienne, et se situe, stylistiquement, une génération avant Mozart ; La Flûte enchantée, en allemand, obéit à des conventions toutes différentes : une intrigue de conte de fées, peu d’airs, beaucoup de dialogue parlé, et de longs « finales » en musique continue. Et pourtant, ces deux opéras représentent les deux faces d’une même époque, celle des Lumières, dont l’une des passions a été de faire sans cesse reculer les limites de l’opéra. Dans Zanaïda Jean-Chrétien Bach, au sortir de l’époque baroque, a recherché l’éclat de l’orchestre et la grâce de l’expression
– qualités qui n’ont pas été perdues pour Mozart, grand admirateur de Jean-Chrétien Bach. La Flûte enchantée, quant à elle, réussit le tour de force de rendre réaliste une action placée sous le signe du surnaturel. Dans les deux cas, les compositeurs ont été servis par des livrets d’une fantaisie débridée, idéalement conçus pour faire briller des compositeurs d’exception.

Michel Noiray est chercheur à l’Institut de recherche sur le patrimoine musical en France (CNRS, BNF, Ministère de la Culture). Ses travaux portent principalement sur l’opéra au XVIIIe siècle ; il a publié un Vocabulaire de la musique de l’époque classique et le Voyage musical dans l’Europe des Lumières de Burney.


#4 - mardi 20 mars
19h
avec Bruno Tackels - Invité Oscar Bianchi, compositeur de Thanks to my eyes
Le théâtre confronté aux nouvelles écritures

« La dramaturgie française contemporaine ne se laisse pas définir d’une seule formule. On peut même dire que ce qui la caractérise est la diversité de ses formes et de ses esthétiques (...) Cette diversité de formes et d’univers ne se laisse pas pour autant congédier dans le constat paresseux de l’unicité singulière d’une imagination créatrice sans lien à ses dehors et à son histoire. L’écriture en France, depuis plus de trente ans, est bien au contraire aux prises avec son histoire, et n’existe même qu’à résoudre un certain nombre de questions qu’elle lui adresse, et qui lui retourne un certain nombre d’hypothèses esthétiques et politiques. »

Bruno Tackels est essayiste et dramaturge. Agrégé et docteur en philosophie, il enseigne l’esthétique et l’histoire du théâtre contemporain à l’université de Rennes 2. Il a publié deux livres sur Walter Benjamin, Petite introduction à Walter Benjamin et L’Œuvre d’art à l’époque de Walter Benjamin, chez L’Harmattan (2000). Il est rédacteur à la revue Mouvement. Par ailleurs, il est producteur d’émissions documentaires à France Culture et dirige la collection «Essais», aux Solitaires intempestifs. En mars 2009, il publie la biographie du philosophe Walter Benjamin, Une vie dans les textes, aux éditions Actes Sud, et en 2010 Trois cailloux pour Walter Benjamin, avec Pierre Michon et Guy Petitdemange.


#5 - mardi 10 avril
19h - avec Stéphane Malfettes
Invité Franck Krawczyk, compositeur en résidence au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines.
Musique savante / Musique populaire, où se rejoignent les différences ?

On donne volontiers raison au compositeur Bruno Mantovani lorsqu’il déclare tout de go : « Je ne suis pas persuadé que des gens comme Daft Punk – qui font par ailleurs une musique très intéressante – soient très proches de Stravinsky, Poulenc ou Rossini ». Les différences entre musiques actuelles et musiques savantes sautent aux yeux : les unes sont spontanées, orales et ancrées dans le présent, les autres sont transmises de façon académique, sacralisent leur inscription dans l’histoire de l’art et considèrent avec sérieux leur caractère visionnaire. Les unes sont populaires, les autres pas vraiment… Pourtant, il existe entre elles une sorte de fascination réciproque qui s’exprime à travers de nombreuses tentatives de rapprochements, pour le meilleur et pour le pire : des extravagances polyphoniques de Brian Wilson au concert de Metallica avec l’Orchestre symphonique de San Francisco, en passant par les remix du catalogue de Deutsche Grammophon par Carl Craig et Moritz von Oswald, les compositions hybrides de Fausto Romitelli ou la relecture de l’album de Pink Floyd, The Dark Side of The Moon, par Thierry Ballasse…

Stéphane Malfettes est programmateur pour le spectacle vivant au musée du Louvre et auteur. Son dernier livre, American Rock Trip (à paraître en février 2012), s’intéresse aux musées et autres curiosités patrimoniales que les Américains consacrent aux musiques qu’ils ont inventées (blues, rock, country). Il collabore notamment à Art Press, Volume, Mouvement et aux hors-séries des Inrockuptibles.


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