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#1 -
mardi 29 novembre 19h - avec Eric
De Visscher, musicologue.
Invité : Alban Richard, chorégraphe
de Pléïades, un concert de musique et de danse.
Iannis
Xenakis / John
Cage, deux figures libres de la musique du XXe siècle
Chacun à leur manière, Iannis Xenakis (1922-
2001) et John Cage (1912-1992) ont été des compositeurs
affichant leur liberté non seulement par rapport au
dogme classique, mais aussi au regard de leurs confrères.
Architecte de formation, Xenakis a très vite stigmatisé
la vaine précision des compositeurs post-sériels
comme Nono et Stockhausen, leur adjoignant de faire appel
aux théories mathématiques pour mieux maîtriser
la complexité du matériau ou gérer les
masses sonores d’une façon statistique. De même,
Cage, en vrai penseur anarchiste, ne craint pas de se brouiller
avec Boulez, pour défendre un hasard total, où
le compositeur « laisse être les sons »
et pense le silence comme l’ensemble des sons qui l’environnent.
Les deux compositeurs partagent d’autres points communs
: une pensée musicale à caractère fortement
visuel, un même attrait pour la technologie et les nouveaux
moyens de production, une certaine théâtralité
dans la musique. Ce qui fait que tous deux trouvent souvent
plus d’adeptes auprès de public non-musiciens
qu’auprès de leurs pairs.
Eric de Visscher
(1961) est musicologue. Il dirige le Musée de la musique
(Cité de la musique, Paris) depuis 2006, après
avoir été directeur artistique du festival Ars
Musica (Bruxelles) et de l’Ircam (Centre Pompidou, Paris).
Il publie régulièrement, notamment sur les relations
entre musique et arts plastiques.
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#2
- lundi 5 décembre 19h - avec Alain
Badiou, écrivain et philosophe
Wagner,
notre contemporain
Il existe une interprétation très répandue
de Wagner selon laquelle son œuvre, dominée par
les références nationalistes du romantisme tardif,
serait un mélange de séduction décadente
et de politique réactionnaire. Alain Badiou entend
bien plutôt montrer que la révolution introduite
par Wagner dans la conception du théâtre lyrique
conserve la valeur émancipatrice affirmée par
le jeune Wagner sur les barricades de Dresde. Pour cette démonstration
il importe de se tenir au plus près de la dialectique
très complexe entre signification explicite du texte
et organisation du flux musical.
Alain Badiou
est sans conteste le philosophe contemporain français
le plus renommé dans le monde. Traduite dans de nombreuses
langues, son œuvre est l'objet d'ouvrages, de commentaires
et de réflexions multiples. Cette œuvre, très
riche, est composée d'essais philosophiques majeurs,
mais aussi de romans, de pièces de théâtre,
d'écrits politiques analysant la situation présente.
Il est notamment l’auteur de Cinq Leçons
sur le Cas Wagner, (Nous, 2010).
#3
- mardi 31 janvier 19h
avec Michel Noiray - Invité
David Stern, chef d'orchestre
et directeur artistique d'Opera Fuoco.
Wolfgang Amadeus Mozart /
Jean-Chrétien Bach, l’opéra au XVIIIe
siècle
Le Théâtre de
Saint-Quentin-en-Yvelines présente deux opéras
du XVIIIe siècle que tout, à première
vue, semble opposer. Zanaïda
est dans le genre noble, en langue italienne, et se situe,
stylistiquement, une génération avant Mozart
; La
Flûte enchantée, en allemand, obéit
à des conventions toutes différentes : une intrigue
de conte de fées, peu d’airs, beaucoup de dialogue
parlé, et de longs « finales » en musique
continue. Et pourtant, ces deux opéras représentent
les deux faces d’une même époque, celle
des Lumières, dont l’une des passions a été
de faire sans cesse reculer les limites de l’opéra.
Dans Zanaïda Jean-Chrétien Bach, au sortir
de l’époque baroque, a recherché l’éclat
de l’orchestre et la grâce de l’expression
– qualités qui n’ont pas été
perdues pour Mozart, grand admirateur de Jean-Chrétien
Bach. La Flûte enchantée, quant à
elle, réussit le tour de force de rendre réaliste
une action placée sous le signe du surnaturel. Dans
les deux cas, les compositeurs ont été servis
par des livrets d’une fantaisie débridée,
idéalement conçus pour faire briller des compositeurs
d’exception.
Michel Noiray
est chercheur à l’Institut de recherche sur le
patrimoine musical en France (CNRS, BNF, Ministère
de la Culture). Ses travaux portent principalement sur l’opéra
au XVIIIe siècle ; il a publié un Vocabulaire
de la musique de l’époque classique et le
Voyage musical dans l’Europe des Lumières
de Burney.
#4 - mardi 20 mars 19h
avec Bruno Tackels
- Invité Oscar
Bianchi, compositeur de
Thanks
to my eyes
Le théâtre
confronté aux nouvelles écritures
« La dramaturgie française
contemporaine ne se laisse pas définir d’une
seule formule. On peut même dire que ce qui la caractérise
est la diversité de ses formes et de ses esthétiques
(...) Cette diversité de formes et d’univers
ne se laisse pas pour autant congédier dans le constat
paresseux de l’unicité singulière d’une
imagination créatrice sans lien à ses dehors
et à son histoire. L’écriture en France,
depuis plus de trente ans, est bien au contraire aux prises
avec son histoire, et n’existe même qu’à
résoudre un certain nombre de questions qu’elle
lui adresse, et qui lui retourne un certain nombre d’hypothèses
esthétiques et politiques. »
Bruno Tackels est essayiste et dramaturge.
Agrégé et docteur en philosophie, il enseigne
l’esthétique et l’histoire du théâtre
contemporain à l’université de Rennes
2. Il a publié deux livres sur Walter Benjamin, Petite
introduction à Walter Benjamin et L’Œuvre
d’art à l’époque de Walter Benjamin,
chez L’Harmattan (2000). Il est rédacteur à
la revue Mouvement. Par ailleurs, il est producteur
d’émissions documentaires à France Culture
et dirige la collection «Essais», aux Solitaires
intempestifs. En mars 2009, il publie la biographie du philosophe
Walter Benjamin, Une vie dans les textes, aux éditions
Actes Sud, et en 2010 Trois cailloux pour Walter Benjamin,
avec Pierre Michon et Guy Petitdemange.
#5 - mardi 10 avril 19h - avec Stéphane
Malfettes
Invité
Franck Krawczyk, compositeur
en résidence au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines.
Musique savante / Musique
populaire, où se rejoignent les différences
?
On donne volontiers raison au compositeur Bruno Mantovani
lorsqu’il déclare tout de go : « Je ne
suis pas persuadé que des gens comme Daft Punk –
qui font par ailleurs une musique très intéressante
– soient très proches de Stravinsky, Poulenc
ou Rossini ». Les différences entre musiques
actuelles et musiques savantes sautent aux yeux : les unes
sont spontanées, orales et ancrées dans le présent,
les autres sont transmises de façon académique,
sacralisent leur inscription dans l’histoire de l’art
et considèrent avec sérieux leur caractère
visionnaire. Les unes sont populaires, les autres pas vraiment…
Pourtant, il existe entre elles une sorte de fascination réciproque
qui s’exprime à travers de nombreuses tentatives
de rapprochements, pour le meilleur et pour le pire : des
extravagances polyphoniques de Brian Wilson au concert de
Metallica avec l’Orchestre symphonique de San Francisco,
en passant par les remix du catalogue de Deutsche Grammophon
par Carl Craig et Moritz von Oswald, les compositions hybrides
de Fausto Romitelli ou la relecture de l’album de Pink
Floyd, The Dark Side of The Moon, par Thierry Ballasse…
Stéphane Malfettes
est programmateur pour le spectacle vivant au musée
du Louvre et auteur. Son dernier livre, American Rock
Trip (à paraître en février 2012),
s’intéresse aux musées et autres curiosités
patrimoniales que les Américains consacrent aux musiques
qu’ils ont inventées (blues, rock, country).
Il collabore notamment à Art Press, Volume, Mouvement
et aux hors-séries des Inrockuptibles.

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