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Du vendredi 12 mars au samedi 20 mars 2021

musiques savantes vs musiques populaires ?

Y-a-t-il des musiques savantes et d’autres pas ?

A chaque édition des Rencontres InCité, c’est un élément du quotidien que nous questionnons (le temps, la technologie, l’alimentation, la ville de demain). La musique en fait partie. Choisie (lorsque l’on est chez soi, dans sa voiture, avec ses écouteurs sur les oreilles) ou subie (dans les commerces, les restaurants… et chez les autres), nul ne peut lui échapper.

Dans la culture, notre tendance à classer et hiérarchiser a conduit à opérer une distinction souvent schématique entre musique savante et musique populaire, entre la « grande » musique et la musique commerciale. Mais concrètement, où situer cette frontière ? Vivaldi ou Mozart sont-ils exclusivement cantonnés à une seule de ses catégories ? Une musique d’une immense complexité rythmique jouée lors de rites initiatiques aborigènes est-elle, sous prétexte qu’elle n’est pas écrite, davantage populaire que savante ?

Il est aussi intéressant de voir les changements qui s’opèrent au fil du temps. Certaines musiques jouées exclusivement dans des salons pour un public choisi sont devenues des tubes ; le jazz, à l’inverse, genre éminemment populaire au début du XXè siècle, attire aujourd’hui dans les salles de spectacles le même public que la musique classique.

Qualifier la musique fut aussi une manière de valoriser celles et ceux qui les écoutaient. Le bagage culturel des classes aisées leur donnait (et leur donne encore) un accès plus évident au grand répertoire ; Claude Levi-Strauss ironisait sur « le refus d’admettre le fait-même de la diversité culturelle ; on préfère rejeter hors de la culture, dans la nature, tout ce qui ne se conforme pas à la norme sous laquelle on vit ». Pourtant, nombre de compositeurs dont l’écoute des oeuvres est exigeante ont euxmêmes puisé leur inspiration dans des musiques populaires et traditionnelles. Bartók, Ligeti, Berio, et même Boulez en sont des exemples. À l’inverse, Frank Zappa, Pink Floyd ou Kraftwerk, ont construit des ponts entre musiques pop, contemporaine, concrète, électronique, expérimentale.

Dire qu’une musique est légitime, c’est en exclure ceux qui n’y ont pas accès. Or, il nous semble que le temps (et notre mission) est avant tout à l’appropriation, au métissage, aux fusions. Car il ne faut pas s’y tromper : lorsque l’on programme un concert de musique baroque, il n’est joué ni dans le même contexte, ni dans le même type de lieu qu’à l’époque. Ce n’en est qu’une traduction, qui comme toute traduction porte en elle sa part de trahison. Le concert ne remplit en aucun cas sa fonction originelle, et pourtant il prend sens dans notre société contemporaine. Heureuse trahison donc que toute tradition musicale porte en elle : s’approprier les choses, donner son interprétation, écouter, c’est faire un pas vers l’Autre.

Cette édition #5 des Rencontres InCité a été conçue avec Geoffroy Jourdain, directeur artistique des Cris de Paris.

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